Inondation de l’exploitation de la Plomterie à Ste-Walburge

12 juin 2011

Entre autres exemples que je pourrais citer à l’appui de ce qui précède, je choisirai, comme le plus récent et le plus complet, celui que nous offre la submersion totale, il y a douze ans, de l’exploitation charbonnière de la Plomterie,située au faubourg Sainte-Walburge, à Liège, et dépendante de la concession de la Bonnefin , appartenant à MM. Orban, Beghein et compagnie.

Ce siège d’exploitation , l’un des plus productifs que possédât alors cette société, et auquel se rattachaient, indépendamment de nombreuses galeries à travers bancs, 320 voies de roulage et d’aérage, mesurant la plupart 5 à 900 mètres de longueur sur 2 mètres de haut et 2 à 3 mètres de large, fut, inattenduement et en peu d’instants , complètement inondé , dans la soirée du 15 septembre 1825, sans que l’on eût, grâce aux échelles inclinées dont cette mine se trouvait pourvue, et qui permirent aux quarante-deux ouvriers qu’elle renfermait d’en sortir instantanément, de plus grand malheur à déplorer.

Ce ruineux événement, qui a coûté sept ans d’efforts inouis, et, suivant l’estimation des concessionnaires de la Bonnefin, près de 800.000 fr. de dépenses, fut déterminé par un trou de sonde foré au front de l’une des tailles alors en activité dans la couche dite du Maret, et qui déboucha fortuitement à d’anciens ouvrages noyés, exécutés dans le même gîte par les bures F, G et K, de la Vigne, du Vieux et du Nouveau-Baneux, situés plus à l’est, vers le faubourg Wivegnis. L’excessive impétuosité, avec laquelle les eaux jaillirent tout à coup, rendit, du moment même, vains et inutiles tous moyens de reboucher l’ouverture, incessamment croissante, qui leur livrait passage; la broche, présentée à plusieurs reprises, à l’orifice du trou de sonde, fut chaque fois violemment repoussée.

Après de nombreuses et pénibles investigations, nécessitées par le manque absolu de renseignements sur l’étendue et la position précise des bains que l’on venait d’abattre, on put enfin constater que la nourriture d’eau, évaluée à 6.ooo mètres cubes par vingt-quatre heures, affluait en majeure partie des couches Rosier et Pestay, travaillées autrefois par le bure de la Vigne. Il fallait donc,
pour parvenir à démerger la Plomterie, chercher abord à l’isoler de cet ancien siège d’ exploitation. Mais c’était là une vaste et surtout difficultueuse entreprise, capable d’en imposer à la meilleure volonté; car les travaux dépendants de ce puits se trouvaient non-seulement en communication, par œuvre des couches Pestay, Grande-Veine et Maret, avec ceux des bures du Vieux et du Nouveau-Baneux, mais recevaient encore, par filtration, les eaux d’anciens ouvrages exécutés plus vers le nord-est. A toutes ces sources il faut encore ajouter celle produite par le terrain meuble et alluvien qui sert de lit à la rivière de Meuse, et avec lequel on s’était mis si imprudemment en relation, il y a trente ans, par œuvre de la couche Maret et le puits du Nouveau-Baneux. Tel était l’inextricable dédale où la société de la Bonnefin allait avoir à s’engager, en tant qu’elle voulût sauver son exploitation, et elle eut le courage de le vouloir.

Annales des Mines, Troisième serie, Tome XII, Paris, 1837


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