Des chiroux et des grignoux

16 février 2011

Deux partis divisaient alors la ville de Liége : les Chiroux et les Grignoux. Les Chiroux étaient pour l’évêque, et les Grignoux lui étaient opposés; comme Ferdinand faisait cause commune avec les Allemands, les Grignoux se déclarèrent pour la France. Les bourgeois et les gens aisés étaient pour la plupart Chiroux, parce qu’ils désiraient le maintien de la paix ; mais le petit peuple, toujours mécontent de son sort, était Grignoux; et comme il l’emportait par le nombre et l’audace, et que dans ces temps d’anarchie on était tout par le peuple, il va sans dire que tous les ambitieux étaient Grignoux.

Voici, selon les historiens du temps, l’origine de ces dénominations. Quelques jeunes gens de bonnes familles, qui revenaient de Paris, en avaient adopté les modes : ils portaient des bas blancs avec des chausses qui leur tombaient fort bas sur les mollets. Dans ce costume, quelqu’un trouva qu’ils ressemblaient assez à une espèce d’hirondelles qui ont des plumes jusqu’au bout des pattes et que les Liégeois appellent chiroux. Un jour que ces élégants s’étaient rassemblés dans l’église de St-Lambert, des gens du peuple, les voyant ainsi accoutrés, se mirent à crier chiroux! et ceux-ci leur répondirent, grignoux! c’est-à-dire, grognards, mécontents !

Histoire de Liege, Etienne Constantin de Gerlache, Bruxelles, 1843


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