Archive for novembre, 2008

Deux mille Prussiens et un escadron palatin arrivent à Liège

30 novembre 2008

« Liège, le 4 décembre. — Deux mille Prussiens et un escadron palatin sont arrivés dans cette ville le 30 novembre dernier; ils se sont emparés, sans aucune résistance, de la citadelle et des villages circonvoisins; quelques autres bataillons et deux cents Palatins les ont suivis de près, et ils occupent les hauteurs qui dominent la ville de l’autre côté de la Meuse. La réunion de ces troupes forme aujourd’hui environ 5,000 hommes, et on croit qu’il en arrivera encore. Au premier moment de l’arrivée de ces troupes, l’épouvante s’était répandue dans la ville; plusieurs personnes fuyaient, emmenant leurs femmes et leurs enfants, comme nous l’avons déjà dit ; mais on a été bientôt rassuré par la déclaration que le ministre plénipotentiaire du roi de Prusse a fait publier, et que nous n’avons pas donnée; la voici :

Martin Ernst von Schlieffen

Martin Ernst von Schlieffen

« Martin-Ernest, baron de Schlieffen, lieutenant-général de S. M. prussienne, gouverneur de la ville et citadelle de Wesel, chevalier de l’ordre de l’Aigle noir, commandeur du grand ordre de Stesse, chevalier de l’ordre de la Vertu militaire, commandant actuellement les troupes prussiennes et palatines dans le pays de Liège et dans sa capitale: il avertit par celle-ci à un chacun, soit indigène, soit étranger, se trouvant dans ce moment dans ledit pays et ville, que toute personne qui ne fait rien contre les lois et l’ordre public n’a rien a craindre ni pour elle-même ni pour ses biens ; et, que dans le cas qu’on fût inquiété, contre toute attente, on n’a qu’à s’adresser à l’officier commandant le plus à portée, pour être protégé de la manière la plus prompte et la plus efficace. Fait à Maestricht, le 5 décembre 1789. Par ordonnance, SCHLIEFFEN».

A peine cette déclaration fut-elle connue, que la plus vive joie succéda aux alarmes. Les cris de vive le roi de Prusse! retentissaient de toutes parts. Le baron de Senfft, son ministre, étant rentré à Liège une heure après la publication de cette déclaration, le magistrat se rendit chez lui pour le complimenter. Le soir toutes les rues de la ville furent illuminées.  »

Réimpression de l’ancien Moniteur: seule histoire authentique et inaltérée de la Révolution Française…, Paris, 1859

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L’imprimeur Lemarié fuit Liège à l’arrivée des armées françaises

29 novembre 2008

« François Lemarié , père d’Alexandre, dernier imprimeur en titre des princes-évêques de Liège, né en 1750, à Tocé, près de Beauvais, d’une famille honorable, est mort à Liège, en 1837. Venu à Liège pour terminer ses études, Lemarié épousa Mlle de Boubers, fille d’un imprimeur de cette ville. Peu après, il se fit naturaliser Liégeois et fonda, en 1770, lorsqu’il avait à peine 20 ans, une imprimerie et une librairie assez considérables. Le 1° janvier 1791, le mayeur Colson confia à Lemarié l’impression de la Gazette de Liège avec privilège.

Gazette de Liège, avec privilège

Gazette de Liège, avec privilège

L’arrivée des armées françaises en suspendit la publication, le 29 novembre 1792, et l’imprimeur dut quitter Liège, pour échapper aux violences dont il était menacé. A son retour, au mois d’avril 1793, l’octroi lui fut restitué, mais les Français étant rentrés à Liège, le 21 juillet 1794, la Gazette avec privilège cessa définitivement de paraître. Lemarié prit, une seconde fois, le chemin de l’exil, et se rendit avec sa famille à Dusseldorff, où il habita, pendant plus d’un an, la même maison que son confrère Bassompierre, émigré comme lui.

Avant d’obtenir l’octroi de la Gazette de Liège, Lemarié avait déjà publié un petit journal intitulé : Feuille nationale liégeoise, qui cessa de paraître le 18 janvier 1790, après quatre mois d’existence. »

Bulletin du bibliophile belge, Tome 13, Bruxelles, 1857.


Le commerce à Liège
Liège au 18ème siècle

Les usines de John Cockerill à Liège et ailleurs

16 novembre 2008

« M. John Cockerill possède encore à Liège, au pied du Pont-des-Jésuites, cette belle et vaste fabrique-modèle de machines, d’où sortent toutes celles qu’il emploie dans ses divers établissemens , qui occupe près de 800 ouvriers. Il possède de plus, à Liège , un tissage mécanique, une fabrique de mérinos ainsi qu’à Verviers et à Aix-la-Chapelle; à Andennes, près de Namur, une papeterie et une fabrique d’étoffes ; à Cottbus en Prusse, une fabrique de filets ; à Stolberg, des mines de zinc ; à Przelborg en Pologne, une fabrique de draps; à Barcelone, une fabrique de coton ; à Surinam , des moulins à vapeur ; à Berlin et à Guben , des filatures pour les draps ; à Aix-la-Chapelle , une filature pour la laine peignée; à Liège, une filature de coton sous la raison Yates et C° ; à Tilleur , une fonderie pour le moulage ; au Val-Benoit , un établissement pour la fabrication des chaudières; à Amsterdam , une maison pour la vente des étoffes de coton ; à Spa , une filature de coton.

John Cockerill

John Cockerill

M. Cockerill est intéressé pour de fortes parts dans les hauts-fourneaux du département du Gard; dans quatre houillères; dans les hauts-fourneaux d’Ougrée, de l’Espérance et de Chatelineau ; dans une fabrique de fusils de guerre , et à St.-Denis près Paris , dans une grande manufacture pour la filature et le tissage du lin.

Il élève , en ce moment , près de Pétersbourg , des ateliers pour la construction des machines à vapeur , locomotives et wagons ; et commence l’exploitation d’une houillère dans les environs de St-Etienne, où il se propose d’établir des hauts-fourneaux et une fabrique de fer par cylindres.  »

Biographie liégeoise, Antoine Gabriel de Becdelièvre-Hamal, Liège, 1837


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Liège au 19ème siècle

Récompense de 400 florins contre les ennemis cachés de la nation Liégeoise (1789)

11 novembre 2008

« De Liège, le 12 novembre. — Les troupes de Munster étaient attendues le 7 à Heinsberg; celles du Palatinat, le 13 à Wesel; et M. Kuster, secrétaire de la légation prussienne auprès du directoire des cercles de Westphalie et du Bas-Rhin, est arrivé d’Aix-la-Chapelle, chargé d’arranger définitivement la marche de nos troupes.

Recez de la cité de Liège. — «En l’assemblée des seigneurs bourgmestres et conseils, maîtres et commissaires de la noble cité de Liège, tenue spécialement le 11 novembre 1789 après-midi : « Informés que, dans le désespoir d’une rage impuissante, les ennemis cachés de la nation ont répandu clandestinement dans le public, sous les portes des maisons, un libelle anonyme, intitulé : le Cri d’un citoyen de l’Allemagne à ses concitoyens les Liégeois, dans l’intention criminelle de semer la discorde, et de parvenir par cet indigne artifice à exciter des troubles et du désordre qui troubleraient nécessairement la tranquilité publique ; informés que ces mêmes ennemis de la nation, par une suite de leurs complots pervers, ont osé aussi tenter pendant la nuit de mettre le feu à la Tour-en-Bèche, magasin à poudre de la cité ; Messieurs, pour que des délits aussi graves ne restent point impunis, promettent une récompense de 400 florins à celui qui fera connaître, avec preuves suffisantes, les auteurs ou les complices de l’un ou de l’autre de ces attentats, et déclarent d’accorder le secret du nom aux complices qui se rendront délateurs à l’un des seigneurs bourgmestres : ordonnant que le présent recez soit imprimé, publié et affiché pour la connaissance d’un chacun. »

Gazette Nationale, ou le Moniteur Universel, du samedi 28 novembre 1789, n° 98, in
Réimpression de l’ancien Moniteur: seule histoire authentique et inaltérée de la Revolution Française, Tome Deuxième, Paris 1859


Liège au 18ème siècle
Guerres et conflits à Liège