Autrefois les banqueroutiers se refugiaient à Liège

3 octobre 2008

« La banqueroute est la friponnerie la plus ingénieuse et la plus impudente qui ait jamais existé : elle assure à tout négociant la faculté de voler au public une somme proportionnée à sa fortune ou à son crédit. De sorte qu’un homme riche peut se dire : je m’établis commerçant en 1808 , je veux à pareil jour en 1810, voler tant de millions à qui il appartiendra. [..]

En vain citerait-on quelques banqueroutiers frauduleux qui ont été punis; sur 100, il en est 99 qui réussissent : et si le 100è échoue, c’est sans doute une oison qui n’a pas su conduire l’intrigue ; car l’opération est tellement sûre aujourd’hui , qu’on a renoncé tout à fait aux anciennes précautions.

Autrefois le banqueroutier s’enfuyait à Trente , Liège ou Carouge; cet usage est tombé depuis la régénération de 1789; chacun est revenu aux banqueroutes en famille ; on prépare tranquillement l’affaire , et lorsqu’elle éclate on s’en va passer un mois à la campagne, dans le sein de ses proches et amis ; le notaire accommode tout dans l’intervalle. On reparait après quelques semaines , et le public est tellement habitué à cette équipée qu’elle est traitée de gentillesse : .cela s’appelle faire ses couches , et l’on dit très-froidement : voilà un tel qui relève de couches.  »


Théorie des quatre mouvemens et des destinées générales, Charles Fourier, Leipzig, 1808; chapitre: Spoliation du corps social par la banqueroute


Le commerce à Liège
Liège au 18ème siècle