Distribution publique d’eau à Liège

3 juin 2008

« La ville de Liège jouit déjà d’une distribution publique, mais tout à fait insuffisante. L’eau est fournie par un certain nombre de petites galeries, qui ont été creusées, à diverses époques, dans les coteaux environnants, soit pour les besoins mêmes de la cité, soit pour l’exploitation des mines de houille. On a décidé, il y a quelques années, qu’une large distribution serait créée dans le triple but d’alimenter les malsons, d’approprier les rues et d’assainir les égouts.

Trois projets furent discutés: l’un consistant à purifier les eaux de la Meuse au moyen de galeries filtrantes (d’après le système de M. Daubuisson à Toulouse), l’autre à récolter par un drainage agricole les eaux pluviales qui filtrent à travers les sables de la Campine; le troisième enfin, qui a prévalu, consistant à amasser les eaux souterraines de la Hesbaye (ligne de coteaux dominant Liège), au moyen de galeries traversant le terrain houiller et les argiles de la base du terrain crétacé, puis pénétrant dans les couches perméables supérieures, reconnues très-aquifères.

La galerie principale, dite galerie d’Ans, débouchera près des faubourgs, à 65 mètres au-dessus du niveau de la Meuse (PI. VIII, fig, 3 et 4). Elle aura 1m8o sur 1m20 de section, cinq kilomètres de longueur et une pente dirigée vers la ville de 1 millimètre par mètre. Elle sera soigneusement maçonnée dans tout son parcours à travers les argiles et le terrain houiller, afin de ne pas recevoir les infiltrations moins pures de ces couches. Elle sera, au contraire, à vif dans le terrain crétacé.

A l’extrémité de cette galerie, c’est-à-dire en plein dans la craie, et à 36 mètres au-dessous du sol en même temps qu’à 25 mètres sous la surface actuelle de l’eau, deux autres galeries de 2.5oo mètres de longueur chacune et de même section que la première, avec laquelle elles seront à angle droit, compléteront le réseau. Elles auront une pente, dirigée vers la galerie principale, de 1 mètre par 15oo mètres. On pourra les développer si cela était nécessaire, mais on compte que le système tel quel fournira assez d’eau, car on évalue le débit à 70.000 hectolitres par jour.  »

Annales des mines: ou recueil de mémoires sur l’exploitation des mines, sixième série, tome VII, Paris, 1865
Liège, pose d\'une conduite d\'eau vers 1900
Liège, pose d’une conduite d’eau vers 1900.

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