Archive for avril, 2008

La procession solennelle du 27 avril et le surguet

27 avril 2008

« Le 27 avril , jour de la translation du corps de St.-Lambert de Maestricht à Liège, tous les habitants de la cité faisait cortège à la procession solennelle où l’on portait la châsse du Saint, un morceau de la vraie croix , quantité d’autres reliques et d’images saintes. Le clergé tout entier, revêtu de surplis et de dalmatiques, les accompagnait en chantant des hymnes sacrés.

La plus grande pompe était déployée à cette procession , qui avait été instituée par Erard de la Marck et, suivant Vlierden, dotée par lui de revenus annuels. D’un autre côté, nous trouvons dans Bartholet une charte de la cité du 13 février 1533 , ordonnant d’affecter à cette cérémonie la moitié des revenus du tonlieu du Pont des Arches.

La veille au soir, la population liègeoise donnait aux étrangers accourus en foule, le joyeux spectacle d’une revue militaire. La plupart des bourgeois, en habits de fête ou revêtus d’armes étincelantes, parcouraient toutes les rues de la cité. Cette revue s’appelait le Surguet (*)

(*) Primitivement, dit Vlierden, cette revue s’appelait le soir guet , parce qu’elle se faisait la nuit; ce mot, devenu par corruption le scharwait, continua d’être employé alors même que cette démonstration ne se fit plus que l’après-midi. »


Organisation intérieure du Métier, Bulletin de la société Liégeoise de Littérature Wallonne, 5ème année, Liège, 1862


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Le palais de justice de Liège, par Gérard de Nerval

21 avril 2008

« La cour du palais de justice de Liège est un vaste carré long, entouré de magnifiques galeries aux colonnes de granit sculptées; les voûtes et les murs sont en brique rouge, sur laquelle se détache la colonnade noire et polie, ce qui rappelle certains palais de Venise. Des boutiques et des étalages garnissent partout les galeries à l’intérieur, comme dans tous les palais de justice du monde. L’extérieur,
du côté de la place, ne répond pas à ces magnificences : c’est l’aspect d’un hôpital ou d’une caserne, et pourtant c’est le plus bel édifice de Liège. Il en est de même à peu près des églises, le dehors en est peu remarquable, et trois ou quatre d’entre elles offrent des intérieurs merveilleux. Je ne me hasarderai pas à les décrire après tant d’autres voyageurs, après Dumas surtout, qui traversa Liège il y a quelques années. »


Lorely, souvenirs d’Allemagne, Gérard de Nerval, 1852


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Patrimoine Liégeois

Liège, palais des Princes-Eveques, XIXè siècle
Palais des Princes-Evêques, la cour intérieure vers 1833, avec quelques marchands.

Les funérailles de Notger furent très-solennelles

10 avril 2008

« Notger, dans ses dernières années, fit un partage des terres de son église , qui eut de fâcheuses suites. Les ayant divisées en trois parts, il en retint une pour lui , donna la seconde à la noblesse du pays , et la troisième aux églises et aux monastères. Il arriva de là, par le laps de tems, que les nobles, oubliant ce qu’ils devaient a l’église de Liège, se prévalurent des bienfaits qu’ils eu avaient reçus pour se tirer de sa dépendance.

Notger termina sa carrière, suivant un ancien auteur cité par Foulon, le 10 avril, jour du jeudi-saint de l’an 1007. Mais ces notes chronologiques ne s’accordent pas, Pâques tombant cette année le 6 et non le 13 avril.

Nous aimons mieux nous en rapporter à Lambert le Petit, qui met simplement la mort de Notger en 1008, sans marquer le mois ni le jour. Les funérailles de ce prélat furent très-solennelles et durèrent cinq jours. Le premier jour, dit Gilles d’Orval , on porta le corps à l’église de Saint- Lambert, le second à celle de Sainte-Croix , le troisième, à celle de Saint-Martin, le quatrième à celle de Saint-Paul, et le cinquième à Saint-Jean, où il fut inhumé dans la chapelle de Saint- Hilaire. Notger fonda les églises de Sainte-Croix et de Saint – Jean , dans sa ville épiscopale , et y commença celle de Saint-Denis.  »

L’art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques, et autres anciens monuments avant l’ère chrétienne. Tome 14, Paris, 1819


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Liège, église St-Denis, tour construite par Notger vers 990
Liège, église St-Denis

Notger dirige les écoles de l’abbaye de Stavelot

9 avril 2008

« La patience, l’humilité, la modération, devroient, toujours être l’apanage de celui qui se dévoue à l’état religieux : Notger , à ces qualités, joignoit un génie flexible susceptible d’entreprendre & d’exécuter les plus grandes choses. A peine sorti de l’enfance, reçu dans le monastère de St.-Gal, il y fit de si bonnes études, &, par son application, acquit en peu de temps des connoissances si étendues, qu’Odillon, Abbé de Stavelo, le pria de se charger de la direction des écoles de son Abbaye : il y enseigna les sciences à une jeunesse nombreuse, parmi laquelle on distinguoit le célèbre Adelman & le philosophe Eggihard.

L\'abbaye de Stavelot

On le rappela bientôt à son premier monastère, pour y remplir les fonctions de Prieur. Une vie édifiante , des mœurs douces & faciles, l’assiduité au travail : voilà l’exemple qu’il proposoit à suivre aux religieux de St.-Gal. Semblable à une brillante aurore qui présage un beau jour , sa réputation naissante attira les regards d’Othon premier ; Brunon , Archevêque de Cologne, qui se plaisoit à rassembler les savans à la cour de cet Empereur, ne voulut pas laisser tant de talens enfouis dans un cloître : il invite le jeune solitaire à paroitre sur un théâtre plus vaste & plus digne de lui. Notger s’arrache à regret à l’asyle qu’il s’étoit choisi. Othon le reçut avec bonté, lui accorda sa confiance, & l’initia même aux secrets de l’état : tel fut le fruit de son amabilité, de sa profonde érudition, & principalement de son habileté dans les affaires.  »


Mélanges de littérature et d’histoire, Hilarion Noël Villenfagne d’Ingihoul, Liège, 1788


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