Grétry et Napoléon

11 mars 2008

«Grétry vit Napoléon dans toute la splendeur de son règne ; et sa lyre, toujours si mélodieuse, resta muette aux accents de la flatterie. Loin de chercher à fixer l’attention du monarque, il s’attachait à fuir ses regards ; et quand l’œil pénétrant de cet aigle à qui rien n’échappait eut découvert sa retraite, et que ses faveurs vinrent l’y chercher, Grétry, toujours lui-même, eut assez d’orgueil et de courage pour refuser Napoléon.

L’Empereur, ayant assisté à une représentation de la Caravane en fut tellement satisfait qu’il voulut voir Grétry. Après l’opéra, il lui exprima tout le plaisir que la musique de cet ouvrage lui avait causé, et lui proposa de le nommer inspecteur général du chant, sinécure qu’il créait pour lui, et que le roi Charles X fît revivre pour récompenser les talents du célèbre Rossini. Grétry, voyant dans celte faveur un lien qui peut-être enchaînerait son indépendance, répondit à l’Empereur que ses travaux ordinaires absorbaient tout son temps, et ne lui permettaient pas d’accepter.

Grétry fut membre de l’Institut de France, de la Légion d’honneur, des académies de Bologne et de Stockholm ; ce sont les seules dignités qu’il consentit à recevoir.»


Dictionnaire d’éducation: ou choix d’exemples et de faits puisés dans l’histoire ancienne et moderne, M. Delacroix, 1847


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