Des manœuvres de corruption à Liège en 1389

7 mars 2008

«Les affaires ecclésiastiques, élections ou autres, se traitaient souvent au cabaret, surtout dans les pays où comme à Strasbourg, Cologne ou Liége, les évêques étaient souverains.

En 1389, à Liège, après la mort de l’évêque Arnold de Horne, il y eut grand scandale par suite des manœuvres de corruption tentées par Gerlac de Montjardin, pour faire parvenir à l’épiscopat et au titre de mambour son fils, seigneur de Baldewin. Il eut des amis qui se répandirent dans les tavernes fréquentées par le petit peuple; on était en carême, il en profita pour faire acheter une grande quantité de poissons à grosse tête appelé cabelhau, qu’il fit porter dans ces tavernes et dont il régala gratis les buveurs. Mais son dessein fut découvert, selon la chronique de Corneille Pantfliet, et il fut banni pour dix ans.

Un demi-siècle après, un évêque de cette même ville de Liège se trouva fort mal aussi d’avoir laissé les gens d’hôtellerie et de taverne s’entremettre, même indirectement, dans ses affaires. C’est l’un d’entre eux, hôtelier du Cygne, qui prêta sa maison au comte de la Marche, le fameux Sanglier des Ardennes, pour qu’il y entraînât sournoisement l’évêque, et l’y forcât à résigner ses pouvoirs : сe qui fut fait. »


Histoire des hotelleries, cabarets, hotels garnis, restaurants et cafés et …, Francisque Michel, Edouard Fournier, 1851


Liège au 14ème siècle

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