Archive for mars, 2008

La Reine des Concubines à Liège

31 mars 2008

« La fête des fous a trouvé plus d’une histoire. Voici une anecdote qui semble appartenir au même sujet. Sous Albéron II , évêque de Liège, dont l’avénement eut lieu en 1136 , les mœurs des Liégeois étaient fort relâchées.

C’est alors qu’on imagina , pour égayer les solennités trop graves des fêtes de Pâques et de la Pentecôte , de créer une reine, c’est la dénomination que l’on donnait à une femme de mauvaise vie, aliquam ex sacerdotum concubinis, dit Gillis D’Orval, à qui nous empruntons ce trait, qu’on revêtait de magnifiques habits de pourpre , et qui , le visage couvert d’un voile et la tête ceinte d’un diadème, était élevée au milieu de l’église sur une espèce de trône. Tout le monde, les prêtres comme le peuple, chantait pendant tout le jour au son des tambours et des instrumens , autour de la reine , à laquelle on avait l’air de rendre un culte idolâtre.

Nous ignorons combien de tems dura cette profanation sacrilège. On conçoit que le carme chaussé Théodose Bouille la passe discrètement sous silence. »


Messager des sciences et des arts de la Belgique, F de Reiffenberg et al., Tome 2, Gand, 1834


Anecdotes et curiosités à Liège
Liège au 12ème siècle
La religion à Liège

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Procès autour du coeur de Grétry

29 mars 2008

« Peu de temps avant sa mort,le célèbre compositeur Grétry avait témoigné le vœu que son coeur fût remis à la ville de Liège, comme preuve du sincère attachement qu’il avait conservé pour sa ville natale.
Son héritier et neveu par alliance écrivit aux magistrats de Liège qu’il était tout disposé à accomplir les volontés de son oncle. Les événements politiques ne permirent pas de s’occuper sans délai de cette affaire. Provisoirement, le coeur fut déposé dans un petit monument à l’Ermitage de Montmorency.
Liège, la statue de Grétry
Au bout de quelques années, les magistrats de Liège réclamèrent le don qui leur avait été fait. Mais alors les dispositions du neveu étaient changées : il attachait le plus grand prix à conserver le cœur de l’artiste célèbre, dont le nom répandait une sorte de prestige sur sa maison de campagne. De là procès de la part de la ville de Liège, qui confia sa cause à Hennequin. II semble que la question de droit et le sujet même offraient peu de ressources au talent. Mais le défenseur sut en découvrir. Il débuta par une biographie pleine d’intérêt du célèbre compositeur; il fut ingénieux, enjoué, dans l’exposé des faits; il établit par une série de preuves habilement enchaînées le bon droit de la ville de Liège. La cour rendit un jugement en sa faveur. »

Nouvelle biographie universelle générale, publ. sous la direction de Mr le Dr Hoefer, Tome 23, Paris, 1858


Personnalités de Liège
Droit et justice à Liège
Liège au 19ème siècle

Les hospices de Liège et l’hôpital de Bavière

27 mars 2008

« Les hospices de Liège sont au nombre de sept. Tous sont tenus très-proprement. Ils ont une boulangerie, une brasserie, et une pharmacie, centrales ou communes. le petit nombre des vases et des tiroirs de la pharmacie, le peu de local qu’elle occupe, m’ont fort édifié.

La fourniture de viande est passée aux économes des maisons à un prix déterminé; ils s’en pourvoient où bon leur semble: si elle n’est pas bonne, ils en sont responsables.
Lèege, Hôpital de Bavière
L’hôpital nommé de Bavière est un hôpital général de malades. Ils y sont 150 dans trois salles, susceptibles d’en contenir jusqu’à 200. La maison est pour hommes et femmes, malades et blessés. On y est reçu sur un billet d’officiers de santé commis à cet effet, lesquels sont tenus de spécifier la maladie dans leur billet. La direction immédiate est entre les mains d’anciennes soeurs hospitalières. Les salles sont très-élevées; mais les fenêtres ne descendent point jusqu’au sol des salles, il s’en faut dix pieds au moins. Le médecin a prétendu qu’il ne résultoit de là aucune insalubrité, à cause du soin extrême qu’on a de la propreté. On nettoie le sol des salles, qui est couvert de planches, avec du tan. Les lits sont trop fermés, parce que, outre les rideaux, le lit a un ciel. On se propose de le supprimer . On tire sur le côté du lit, de dessous le traversin, une planche qui forme table, et est très commode pour poser les vases ou autres objets nécessaires au services du malade.

Deux maisons séparées forment, l’une, l’hospice des hommes incurables où j’ai vu 45 personnes; l’autre, l’hospice des femmes incurables , ou je les ai vues, au nombre de 82, servies par 17 soeurs d’une communauté hospitalières; mais quelques-unes de ces soeurs peuvent être comptées elles-mêmes, ne fut-ce qu’à cause de leur âge, au rang des incurables. Les salles sont grandes, belles, aérées, claires. C’est celui de leurs hospices que les Liégeois vantent le plus pour son étendue, sa propreté, sa bonne tenue; et ils ont raison.  »


Voyage fait dans les départemens nouvellement réunis, et dans les départemens du Bas-Rhin, du Nord, …, Camus, Armand-Gaston, 1803

Autres billets sur la santé à Liège
Liège au 19ème siècle

Les brasseries en province de Liège vers 1830

27 mars 2008

« Le nombre des brasseries de la province de Liège est de 243; 80 brasseries environ sont établies pour le commerce, les autres sont attachées à des exploitations agricoles; toutes les matières employées à la fabrication de la bière, viennent de la province de Liège.
Les brasseries destinées au commerce, emploient environ 260 ouvriers, plus 160 chevaux pour le transport des bières; l’entretien, des ustensiles des brasseries est très-onéreux, l’article de la tonnelerie qui s’y rattache est considérable ; on peut dire sans exagération que les brasseries de la province de Liège mettent annuellement en circulation un capital de 900,000 florins des Pays-Bas. »


Dictionnaire géographique de la province de Liége, Bruxelles, 1831


Liège au 19 ème siècle
Le commerce à Liège
L’industrie à Liège
Liège, compagnon brasseur