La Kopareie de Liège, la cloche de la retraite

21 octobre 2007

« [..] L’auteur, en écrivant Kopareie, semble vouloir indiquer que le nom de cette cloche lui est venu de ses vibrations uniformes.
C’est une erreur partagée, chose étonnante, par presque tous les Liégeois. C’est coupe-oreille que l’on doit écrire, mot prononcé en wallon côp-oreie. Nos documents législatifs sont d’accord avec cette étymologie. Les ribauds, truands et voleurs domestiques étaient ordinairement punis par l’essorillement, qu’on regardait comme un châtiment ignominieux.

Liège, St-Lambert, par Leloup, 1735

Liège, St-Lambert, par Leloup, 1735

C’est surtout quand on les avait arrêtés vagabondant après le couvre-feu, qu’ils encouraient cette peine. Le Coporeil sonnant, les portes de la cité se fermaient, toutes les lumières s’éteignaient, toutes les maisons étaient closes et toutes les rues complètement désertes. Cette cloche était placée dans la grande tour de St.-Lambert et sonnait déjà la retraite à la fin du XIIIe siècle. Nous parlerons un jour de cette cloche fameuse, que nous, vrai Liégeois, n’entendrons jamais et que nous désirerions si vivement entendre. Pour rentrer dans la cité lorsqu’elle commencerait à bourdonner, pour vivre vingt-quatre heures sous notre antique nationalité , pour voir son symbole , la mauresque cathédrale, et ses institutions républicaines et religieuses, municipales et judiciaires, nous donnerions tout.  »

Études historiques et littéraires sur le Wallon, Ferdinand J Henaux, 1843


Liège au 18ème siècle
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