Liège a l’aspect de toutes les villes d’industrie.

26 septembre 2007

« Liège a l’aspect de toutes les villes d’industrie. Un air noir, qui dépose sur les visages et les vêtemens, flotte sur la ville. La houille revêt de sa teinte lugubre les hommes, les animaux, les monumens. Dans la pluie, les rues ressemblent à des chemins de houillères. Des mille fabriques situées à toutes les extrémités de Liège, s’élèvent d’épais nuages de fumée, qui se rejoignent et se mêlent au- dessus de la ville, et la couvrent comme d’une gaze grisâtre, que le soleil dore, mais ne dissipe pas.

Les rues de la vieille ville sont étroites, sales et sombres. Quelques quartiers nouveaux sont plus rians : de belles maisons, bâties à la manière anglaise, des rues vastes, de vastes places, récemment plantées, annoncent une ville de second ordre dans la civilisation. Le travail, dans le pays de Liège, n’est jamais suspendu : quand on dort à la surface du sol, dans les profondeurs de la terre on veille; toujours l’homme est debout.

Liège, charbonnage

Liège, charbonnage

Sous les maisons de la ville endormie, de hardis mineurs percent le sol en tous sens de leur tarière infatigable, et posent insensiblement Liège sur des pilotis. Et le matin, ceux qui ont dormi et ceux qui ont veillé, ceux qui sortent de leurs lits et ceux qui sortent de leurs souterrains, se répandent dans les rues, se coudoient, maîtres et ouvriers, ceux-ci déteignant sur ceux-là, ce qui donne un air uniformément blafard à cette population, où il ne faut pas chercher des types de la beauté physique, mais où le travail libre et rémunéré, un caractère d’intelligence propre au pays et à la race, l’activité, l’abondance assez bien repartie des choses nécessaires, donnent à tous un air de contentement relatif et de parti pris, qu’on trouve rarement dans les villes, industrielles ou non. »


La revue de Paris, Marc Le Goupils ser.2 v.28-29 1836

Liège, vers 1840

Liège, vers 1840


Autres billets sur l’industrie à Liège
Description de Liège
Liège au 19ème siècle

Publicités