Liège, l’enfer des femmes, le purgatoire des hommes, et le paradis des prêtres

20 septembre 2007

Liège, corps de balais

On a dit de Liège que c’était l’enfer des femmes, le purgatoire des hommes, et le paradis des prêtres : ce dernier mot doit être amendé depuis 1793. Mais le reste du proverbe n’a pas cessé d’être vrai, dans le peuple du moins et dans le petit commerce, d’où sortent tous les proverbes de localité, et où se perpétuent, avec toutes les originalités, toutes les misères de chaque pays.

On rencontre des femmes, sur les grandes routes et dans les rues, attelées à de lourdes brouettes chargées de houille; l’une pousse par derrière, l’autre tire. J’en ai vu le long de la Meuse, sur le chemin de hallage, la courroie au cou, remontant des bateaux, dans lesquels les hommes fumaient, les bras croisés, et debout sur le pont.

Dans le peuple, les femmes font les plus gros ouvrages de main ; dans le petit commerce, elles font les affaires; elles négocient, elles transigent, elles discutent les intérêts; souvent l’établissement est sous leur nom, et porte leur enseigne particulière : L’épouse A’,., marchande ou fabricante. Elles exigent, en retour, la plus grande part dans le commandement; elles ordonnent, elles se font obéir, elles tiennent les cordons de la bourse; et c’est là, sans doute, le purgatoire des hommes, qui y sont rois, mais n’y sont pas maîtres, même de nom.

La revue de Paris, Marc Le Goupils, 1836, tome 28.


Liège au 19ème siècle

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