Archive for septembre, 2007

Liège en 1836, par le Magasin Pittoresque

30 septembre 2007

« De Namur à Liége, le trajet se fait en suivant le cours de la Meuse, encaissée dans des rochers pittoresques, chargés ça et là de châteaux ruinés. La vanité belge est fort satisfaite d’avoir ainsi dans ses propriétés une imitation et un avant-goût des grandes rives du Rhin.

Liège nous offrit bientôt sa ville nouvelle, pendant, au bas d’une colline, au pied de la ville ancienne. Nous y vîmes un monument gothique d’un style particulier; c’était autrefois le palais de l’évêque de Liége. Une immense cour intérieure est entourée de péristyles dont les colonnes sont décorées de formes végétales, sculptées à l’imitation de la figure humaine: ces colonnes, épaisses et courtes, dont pas une ne ressemble à l’autre, soutiennent un seul étage de style roman.

L’industrie des houillères fait toute la richesse de Liége. Les petites collines qui entourent la ville sont semées de ces grandes tours de briques rouges qui servent de foyer aux usines. Nous visitâmes une mine de charbon appartenant à M. Lesouanne; nous trouvâmes dans ces galeries souterraines des émotions vives dont le souvenir nous accompagna toute la nuit sur la route de l’Allemagne, et qui ne fit place qu’à l’admiration que nous inspira le lendemain matin Aix-la-Chapelle, la ville de Charlemagne, devenue prussienne en 1815. »

Le Magasin Pittoresque, 1836, 4ème année, fev -juil.

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Liège au 19ème siècle

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Péage pour la reconstruction du Pont-Des-Arches à Liège (1652)

28 septembre 2007

Après son effondrement en 1643, le Pont-Des-Arches a été remplacé temporairement par un pont de bateau.
Bien vite cette solution a montré ses limites, et un droit de passage a été instauré pour financer la reconstruction « à la condition d’en faire l’application au rétablissement de celui de pierre, en désirant que le dit pont soit achevé en six ans (1) »

Liège, le Pont des Arches

Liège, le Pont des Arches

« Le péage pouvait rapporter, année commune, environ 3500 florins Brabant; nous en rapporterons les principales prescriptions:
– chaque bourgeois habitant dans les portes et enceintes de la cité, passeront parmi payant seulement un gigot (1/2 liard) pour chacune fois (2)

pour chaque cheval . . . . . . . . . . . . 1 liard

pour une charrette . . . . . . . . . . . . 2 liards
pour un traineau ou un sployon chargé
. . . . . 2 liards
pour un traineau ou un sployon non chargé
. . . 1 liard
pour une browette chargée
. . . . . . . . . 1 liard
pour une browette non chargée
. . . . . . . . . 0
pour une personne de dehors les murailles de la Cité passant à pied . . 1 liard
pour un cheval chargé . . . . . . . .1 pattar
pour un non chargé . . . . . . . . . 2 liards
poir une charrette chargée ou non
. . . . . . . 2 pattars
pour un carosse, char ou chariot de deux, trois, quatre
ou plusieurs chevaux ou boeufs . . . . . . . . 4 pattars
pour toutes bêtes à cornes
. . . . . . . . . 2 liards
pour 10 brebis, moutons ou autant de chèvres . . . 2 liards
pour 10 porcs,
. . . . . . . . . 1 pattar
Etaient exempts de ce péage:
1. les gens du Prince,
2.les religions des Ordres Mendiants et personnes vivant d’aumône
3. les bourgeois commis au rétablissement du pont
4. les drapiers ou leurs serviteurs allant au comptoir avec leurs manufactures fraîches, revenantes de la Foullerie. »

(1) Mandement du 6 juillet 1652
(2) Les sous liégeois ou pattar était de 4 liards et valait 6 centimes; le gigot valait par conséquent 3/4 de centimes.


Le Pont-Des-Arches, Ed. Lavalleye, ed 1979.


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Liège a l’aspect de toutes les villes d’industrie.

26 septembre 2007

« Liège a l’aspect de toutes les villes d’industrie. Un air noir, qui dépose sur les visages et les vêtemens, flotte sur la ville. La houille revêt de sa teinte lugubre les hommes, les animaux, les monumens. Dans la pluie, les rues ressemblent à des chemins de houillères. Des mille fabriques situées à toutes les extrémités de Liège, s’élèvent d’épais nuages de fumée, qui se rejoignent et se mêlent au- dessus de la ville, et la couvrent comme d’une gaze grisâtre, que le soleil dore, mais ne dissipe pas.

Les rues de la vieille ville sont étroites, sales et sombres. Quelques quartiers nouveaux sont plus rians : de belles maisons, bâties à la manière anglaise, des rues vastes, de vastes places, récemment plantées, annoncent une ville de second ordre dans la civilisation. Le travail, dans le pays de Liège, n’est jamais suspendu : quand on dort à la surface du sol, dans les profondeurs de la terre on veille; toujours l’homme est debout.

Liège, charbonnage

Liège, charbonnage

Sous les maisons de la ville endormie, de hardis mineurs percent le sol en tous sens de leur tarière infatigable, et posent insensiblement Liège sur des pilotis. Et le matin, ceux qui ont dormi et ceux qui ont veillé, ceux qui sortent de leurs lits et ceux qui sortent de leurs souterrains, se répandent dans les rues, se coudoient, maîtres et ouvriers, ceux-ci déteignant sur ceux-là, ce qui donne un air uniformément blafard à cette population, où il ne faut pas chercher des types de la beauté physique, mais où le travail libre et rémunéré, un caractère d’intelligence propre au pays et à la race, l’activité, l’abondance assez bien repartie des choses nécessaires, donnent à tous un air de contentement relatif et de parti pris, qu’on trouve rarement dans les villes, industrielles ou non. »


La revue de Paris, Marc Le Goupils ser.2 v.28-29 1836

Liège, vers 1840

Liège, vers 1840


Autres billets sur l’industrie à Liège
Description de Liège
Liège au 19ème siècle

Le Voyage de Thomas William Newton via Liège, 1860 (english)

24 septembre 2007

« Ten o’clock, and we reach the elevated town of Ans, whence we look down on the valley of the Meuse and the steeples of Liege, and the scenery now becomes greatly interesting, and increases in beauty as we advance.


From Ans, an inclined plane brings us speedily to Liege, that station adjoining the Quai d’Avroy, on the south bank of the river Meuse.


Thoughts of Louis and Burgundy, the warrior-bishops, William de la Marck, and the brave Liegois, grouping round the  » Quentin Durward  » of Sir Walter Scott, crowd on the mind as we gaze on the smoke-grimed but beautiful city of Liege; which, placed in a fertile plain, watered by the mingled streams of the Meuse and Ourthe, and girdled with a zone of vine-clad mountains, has been compared to isolated sunny spots occasionally met with in the fairest portions of Switzerland.


Presently, after passing through many tunnels, the railway threads the delightful valley through which winds the we stop at the station of Chaudfontaine, celebrated for the hot baths which its name implies.


Interspersed among lawns and bowers, listening to German minstrels, groups of yawning water-drinkers were listlessly sauntering, so utterly unconscious of anything to do, that they reminded one of those unhappy souls who, according to Beckford, seemed condemned to an eternal lounge for having trifled away their existence.


The train stopping nearly two hours at Verviers, allowed us time to ramble amidst the romantic scenery on all sides surrounding the station. « 

How we saw Belgium, the Rhine, the Meuse, and Paris, in fifteen days, Thomas William Newton


Voyageurs et visiteurs à Liège
Liège au 19ème siècle