Liège par Vera Feyder

25 août 2007

« Fluviale et épiscopale, la ville basse a toujours offert à la haute l’éventail bleuté de son panorama mosan que les brumes et fumées n’ont jamais réussi à noyer sans qu’émergent, par tous les temps, les flèches, les tours, les clochers de ce qui fit de Liège, à l’orée du premier millénaire, un des hauts lieux du clergé européen.

Que les siècles et leur marche sanglante en aient rayé beaucoup de la carte n’empêche pas leurs restes, ce qui fut rebâti d’un saccage à l’autre sur leurs ruines incendiées, d’en dire long encore sur la vocation exclusivement cléricale – et conjointement marchande – de la ville telle que saint Lambert la fonda au VIIè siècle, et telle que surtout l’évêque Notger – père noble et pacifique – l’établit en 980 dans sa toute-puissante souveraineté.

Dix siècles plus tard, la ville toujours reconnaissante le fêta pratiquement à tous les coins de rue, avant que bon nombre d’entre eux ne disparaissent dans la grande dépression urbaine qui, en retournant Liège de fond en comble, allait furieusement la défigurer, au point de la rendre méconnaissable.

Ainsi se réalisa cette prophétie « bombée » sur les murs de la ville en l’an de disgrâce 1980: « Millénaire de la misère marchande » qui, pour expéditive qu’elle fût, faisait assez justement le point sur la situation physique, économique et sociale d’une ville travaillant incompréhensiblement à sa perte. »

Liège, Vera Feyder, coll. « des villes », aux éditions Champ Vallon, 128 pages.
http://www.champ-vallon.com/Pagescollections/Desvilles.html


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