1106, La mort d’Henri IV à Liége – Voltaire

7 août 2006

henri_iv_fils.jpg« Henri IV trompé par Henri son fils, comme Louis Le Débonnaire l’avait été par les siens, fut enfermé dans Mayence.

Deux légats l’ y déposent; deux députés de la diéte, envoyés par son fils, lui arrachent les ornemens impériaux. Bientôt après, échapé de sa prison, pauvre, errant et sans secours, il mourut à Liége plus misérable encor que Grégoire VII et plus obscurément, après avoir si longtems tenu les yeux de l’ Europe ouverts sur ses victoires, sur ses grandeurs, sur ses infortunes, sur ses vices et ses vertus. Il s’ écriait en mourant : Dieu des vengeances, vous vengerez ce parricide. de tout tems les hommes ont imaginé que Dieu exauçait les malédictions des mourans, et surtout des péres. Erreur utile et respectable, si elle arrêtait le crime. Une autre erreur plus généralement répandue parmi nous faisait croire que les excommuniés étaient damnés.

Le fils d’Henri IV mit le comble à son impieté en affectant la piété atroce de déterrer le corps de son pére inhumé dans la cathédrale de Liége, et de le faire porter dans une cave à Spire. Ce fut ainsi qu’ il consomma son hypocrisie dénaturée. »

Commémoration en Féronstrée, no 6

Essay sur l’histoire générale et sur les moeurs et l’esprit des nations, depuis Charlemagne jusqu’à nos jours, Voltaire, 1756

Note de LiegeCitations: Il s’agit bien ici d’Henri IV du Saint-Empire (1056–1106) , et non du roi de France.


Liège au 12ème siècle

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