Les chevaux dans les mines de Liège

8 janvier 1836

« L’exploitation des mines de charbon de terre qui fournissent le combustible, dépend aussi de l’établissement; on le tire de vastes puits qui ont mille pieds de profondeur. C’est dans cette région souterraine que les chevaux travaillent, il en est quelques-uns, ainsi que nous l’a raconté le neveu de M. Cocquerill, M. Pastor, jeune homme fort instruit , chargé de la surveillance de l’établissement, qui n’ont pas vu la lumière du jour depuis l’année 1823.

Ce qu’il y a de particulier, c’est que non-seulement ils ne souffrent point dans ce séjour ténébreux, mais encore la température chaude et constamment égale dans laquelle ils vivent, leur a donné un poil qui ressemble à la fourrure veloutée de la taupe, et qui surpasse en éclat, en douceur, en beauté, celui des chevaux de course les mieux entretenus.

La manière dont on descend ces animaux dans la mine est tout-à-fait singulière; comme ils ne pourraient avoir assez de place, la bouche du puits formant une sorte de parallélogramme inégal, on est obligé de les placer de travers sur l’ouverture ; et pour les maintenir dans la position convenable, on les selle, on les bride, et un cavalier les monte afin de les diriger dans l’étroit passage, en même temps que les cordes auxquelles ces animaux sont suspendus les descendent lentement dans la mine; voilà très certainement la plus étrange cavalcade qu’on puisse imaginer, et si j’en avais eu le temps je crois que j’aurais voulu l’essayer. »

Liege, houillère, Leonard de France

Liege, houillère, Leonard de France

Chroniques, lettres et journal de voyage, extraits des papiers d’un défunt : Première partie; Europe, Hermann Ludwig Heinrich Pückler-Muskau, Paris, 1836.


Les mines et charbonnages de Liège
Liège au 19ème siècle
L’industrie à Liège

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