Erard de la Marck fut élu évêque de Liège en 1505

15 février 1538

« Marck (Evrard de la ), nommé par quelques auteurs le cardinal de Bouillon, était d’une maison illustre et fertile en grands hommes. Elu évêque de Liège en 1505, son premier soin fut de méditer sur les importantes obligations de son nouvel état. Il se prépara à recevoir la prêtrise et à être sacre évêque, par une retraite de six semaines dans la Chartreuse de Liège. Monté sur le siège episcopal, il s’appliqua à réparer les maux que les guerres avaient faits dans la province qu’on venait de lui confier , et à la mettre en état d’une bonne défense, en fortifiant les villes et plusieurs châteaux.

Il empêcha par des lois sévères que ses sujets ne prissent parti dans les guerres qui désolaient les pays voisins, fit fleurir la religion, et signala surtout son zèle à prémunir son diocèse contre les nouvelles erreurs qui commencèrent de son temps à infecter les nations voisines. Malgré sa vigilance extrême, l’hérésie s’étant glissée dans ses états, il ne se donna point de repos qu’il ne l’eût extirpée ; il employa à cet effet des gens zélés et éclairés ; ceux qui refusèrent de se rendre à leurs instructions furent bannis, et les plus obstinés à répandre l’erreur furent punis du dernier supplice.

Attaché d’abord aux intérêts de la France, Evrard les abandonna, croyant, pour le bien de son état et pour celui de l’Allemagne, devoir s’attacher à Charles d’Autriche, roi d’Espagne, qui lui donna l’archevêché de Valence, et lui obtint le chapeau de cardinal du pape Léon X, l’an 1521. Le cardinal Polus, envoyé en Angleterre par Paul III, pour y travailler à faire rentrer ce royaume dans le sein de l’Eglise, ayant appris que Henri VIII avait mis sa tête à prix, trouva un asile sur auprès d’Evrard, qui le reçut avec les marques d’honneur et de distinction dues à son mérite et à sa dignité. Le pape l’en récompensa en le créant légat a latere. Il mourut le 15 février 1538. On voit dans la capitale, et dans tout le pays de Liège, un grand nombre de monumens de sa munificence. On admire surtout à Liège le vaste palais des évêques, et dans la cathédrale son tombeau de bronze doré, fait de son vivant, et qui est d’une belle exécution. Il enrichit d’un grand nombre de pièces rares et précieuses le trésor de son église, et fonda une procession mémorable, nommée la Translation de saint Lambert. »

Dictionnaire historique, ou histoire abrégée de hommes qui se sont fait un nom, Tome huitième, François-Xavier Feller, Lille, 1832


Liège au 16ème siècle
Les princes-évêques de Liège

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