Archive pour 'cathédrale'Catégorie
4 mars 2008
“Suivant une ancienne coutume, qu’on retrouve encore en certains lieux, la cathédrale de Liège était devenue comme une place publique, où prêtres et laïques allaient et venaient sans gène, se réunissaient pour causer de nouvelles, d’affaires, pour conclure des marchés; le lieu saint était devenu, selon l’expression énergique de Jésus, une caverne de voleurs.
Souvent les évêques avaient essayé de réprimer cette profanation, mais en vain. Cette fois-ci, Groesbeek résolut d’effrayer les récalcitrants par la rigueur de la peine. Il publia un édit portant que tout individu, de quelque condition ou état qu’il fût, qu’on trouverait se promenant, causant ou traitant d’affaires dans le temple de St-Lambert, serait puni d’un jour de prison au pain et à l’eau pour la première fois, outre les châtiments déjà comminés par l’Évéque ou par ses prédécesseurs, et que, pour la seconde fois et les suivantes, il serait puni arbitrairement, selon la gravité du cas, et verrait en outre frapper de nullité tout engagement pris dans ledit temple.
J’ignore si la sévérité de la loi supprima l’abus. Quoi qu’il en soit, Groesbeek fit bien de le combattre, même avec son pouvoir de prince temporel. Sachons-lui gré de ce petit effort pour corriger les mœurs de ses ouailles.”
Histoire de la Réformation dans l’ancien pays de Liége, D. Lenoir, 1861
Droit et l’administration à Liège
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Le commerce à Liège
Le 16 ème siècle à Liège
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17 février 2008
«Au nombre des droits que la loi canonique attribue à l’évêque et à son église (la cathédrale), et dont plusieurs sont tombés en désuétude depuis longtemps, figure la quarte canonique, droit en vertu duquel l’évêque percevait le quart du total des legs pieux inscrits dans un testament.
Comme on le pense bien, la pratique en était difficile. Peu à peu la coutume s’introduisit , à Liége, de faire, avant tous les autres, un premier legs à la cathédrale de St-Lambert, lequel tenait lieu de la quarte canonique. Cette coutume était également suivie dans le comté de Namur ; mais lorsque notre pays eut son évèque particulier, le legs se fit en faveur de la cathédrale de St-Aubain. Il était de valeur très-minime, et quoiqu’on n’y fût nullement obligé, on le trouve encore dans la plupart des testaments du siècle dernier.»
Cartulaire de la commune de Bouvignes, Jules Borgnet, 1862
La religion à Liège
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18 décembre 2007
“Les Manans Bourgeois Habitant de Vervier sont obligés d’envoïer tous les ans les douze plus jeunes mariés, la croix de leur paroisse & le tambour de la ville, au Chapitre de St. Lambert de Liège. Le cortège entre à neuf heures du matin dans l’église, les Députés présentent en hommage aux Tréfonciers, de l’or, de l’argent & du cuivre ; ensuite au son du tambour ils dansent une ronde sous une grande couronne de fer blanc qui décore la nef de la cathédrale.
Cette pantomine dure une heure, les jeunes mariées s’y distinguent ordinairement par la vivacité avec laquelle elles font voltiger leurs jupons & Messieurs les Chanoines, présens à la cérémonie, ne laissent point de faire attention à l’élégance de la jambe des sauteuses & peut-être à autre chose que ce trémoussement dévot fait appercevoir.
Le scandale fini, les Députes sortent de l’église, tambour battant, croix levée, vont prendre au marché au bled une mésure de forment, la portent à la troisième arche d’un pont sur la Meuse, la brisent avec le bâton de la croix & la jettent ensuite dans la rivière.
L’origine de cette farce vient de ce qu’autrefois les habitans de Vervier, plus honnêtes gens alors que les nobles bourgeois & manans de Liège, firent une mésure plus grande que celle de Liège, ce qui faisait tort aux Chanoines, dont la mésure était plus petite. L’intérêt donna de l’humeur au Chapître en conséquence il obligea les habitans de Vervier de prouver tous les ans par cette cérémonie que les gens d’église ne pardonnent jamais. “
Les abus dans les cérémonies et dans les moeurs developpés, Henri-Joseph Du Laurens, 1767
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5 décembre 2007
« La cathédrale n’était, avant 95, qu’une église particulière. Sur la belle place Saint-Lambert s’élevait, il y a un peu plus de quarante ans, la vraie cathédrale consacrée à ce saint. L’extrémité de sa flèche formait, avec le sommet des tours du château-fort, une ligne horizontale.
Des statues d’or et d’argent décoraient ses nombreuses chapelles; tout autour du chœur, fermé d’une magnifique balustrade dorée, étaient les tombeaux des princes ecclésiastiques de Liège histoire sculptée de cette grande ville. Tout cela fut détruit par nos soldats, aidés de ce peuple qui, aujourd’hui, baise les dalles de ses églises relevées, et qui démolissait alors l’œuvre de ses sueurs et de ses croyances. Nos généraux républicains abattaient des cathédrales comme ils auraient abattu des forts. Ils ne comprenaient rien à cet art. La passion pour l’architecture gothique, qui est un goût d’hier, et derrière laquelle se cache l’indifférence religieuse, ne protégeait pas alors les grands monumens, et les pierres de l’église, au lieu d’être comme aujourd’hui des joyaux de sculpture, et des pensées d’art inoffensives, paraissaient alors, comme les pierres des bastilles, coupables de la tyrannie des princes ecclésiastiques, et cimentées avec le sang des peuples.
L’homme quelquefois perd le sens de ses propres œuvres, méconnaît son génie, et détruit les monumens de sa grandeur. Est-ce donc pour échapper à la science qu’il en fait disparaître les témoignages visibles?
Est-ce que ce serait trop pour sa frêle sagesse, d’un monde où le génie de toutes les générations humaines serait représenté par des monumens encore debout? »
La revue de Paris, Souvenirs de Voyage III, Liège, Marc Le Goupils, 1836
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