Archive pour 'Cockerill'Catégorie

Essai public d’éclairage au gaz à Liège

1 mars 2008

“Un essai public d’éclairage au gaz sous la direction d’un des frères Poncelet, fabricans d’acier, eut lieu à Liége en 1811 à la société d’émulation; ce fait est constaté par un procès-verbal; mais quoique fait avec succès, il n’y fut pas donné de suite.

En octobre 1818, le café Larivière à Bruxelles fut éclairé par ce procédé. On a vu que M. Cockerill fit construire un gazomètre à Seraing pour éclairer ses ateliers vers 1819. C’est à cette même époque que l’application en grand du système commence en Belgique.”


Sur les inventions et perfectionnements dans l’industrie depuis la fin du XVIIIè siècle jusqu’à nos jours, N. Briavoinne, 1837, in
Mémoires couronnés par l’Académie Royale, Tome XIII, 1838.


Sciences et techniques à Liège
Liège au 19ème siècle

A quelque pas de Liége, fume et bouillonne Serin

27 janvier 2008

« A quelque pas de Liége, fume et bouillonne Serin, où M. Cockerill a ses usines.

Les forges de Lemnos, avec leurs rois pauvres Cyclopes, étaient peu de chose à côté de cet immense établissement, toujours noir de charbon, toujours rouge de flamme, où les métaux coulent par torrents, où l’on puddle, où l’on cingle le fer, où se fabriquent ces énormes pièces, ossements d’acier des machines à vapeur ; là l’industrie s’élève jusqu’à la poésie, et laisse bien loin derrière elle les inventions mythologiques. »

Caprices et zigzags, Théophile Gauthier, 2è ed, 1856

Seraing

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Liège au 19ème siècle

John Cockerill a rendu célèbre le village de Seraing

21 décembre 2007

Seraing Cockerill, déchargement de minerais«Vous vous souvenez des ces deux noms: Seraing et John Cockerill. Le nom de l’homme a rendu célèbre le nom du village. Seraing est une longue rue populeuse qui s’étend le long du rivage, sur la rive gauche de la Meuse; en face, sur la rive droite, sont les établissements de John Cockerill, un de ces hommes auxquels on ne peut déjà plus donner du Monsieur.

Chaque jour, toute la population mâle de Seraing s’entasse dans les bateaux de passage, et quitte le village du repos pour le village du travail, Seraing pour l’établissement, mot dont il faut agrandir le sens, depuis que John Cockerill a fait du sien une immense république, où le travail est libre, intelligent, modéré, et donne à l’ouvrier plus que le pain. »

Mélanges, souvenirs de voyage, par Désiré Nisard, 1838


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Victor Hugo et l’industrie Liégeoise

23 août 2007

liege_consuitedeaux_fonderie_b.jpg“Cependant le soir vient, le vent tombe, les prés, les buissons et les arbres se taisent, on n’entend plus que le bruit de l’eau. L’intérieur des maisons s’éclaire vaguement ; les objets s’effacent comme dans une fumée ; les voyageurs bâillent à qui mieux mieux dans la voiture en disant : nous serons à Liège dans une heure. C’est dans ce moment-là que le paysage prend tout à coup un aspect extraordinaire. Là-bas, dans les futaies, au pied des collines brunes et velues de l’occident, deux rondes prunelles de feu éclatent et resplendissent comme des yeux de tigre. Ici, au bord de la route, voici un effrayant chandelier de quatre-vingts pieds de haut qui flambe dans le paysage et qui jette sur les rochers, les forêts et les ravins, des réverbérations sinistres. Plus loin, à l’entrée de cette vallée enfouie dans l’ombre, il y a une gueule pleine de braise qui s’ouvre et se ferme brusquement et d’où sort par instants avec d’affreux hoquets une langue de flamme.
Ce sont les usines qui s’allument.
Quand on a passé le lieu appelé la Petite-Flemalle, la chose devient inexprimable et vraiment magnifique. Toute la vallée semble trouée de cratères en éruption. Quelques-uns dégorgent derrière les taillis des tourbillons de vapeur écarlate étoilée d’étincelles ; d’autres dessinent lugubrement sur un fond rouge la noire silhouette des villages ; ailleurs les flammes apparaissent à travers les crevasses d’un groupe d’édifices. On croirait qu’une armée ennemie vient de traverser le pays, et que vingt bourgs mis à sac vous offrent à la fois dans cette nuit ténébreuse tous les aspects et toutes les phases de l’incendie, ceux-là embrasés, ceux-ci fumants, les autres flamboyants.
Ce spectacle de guerre est donné par la paix ; cette copie effroyable de la dévastation est faite par l’industrie. Vous avez tout simplement là sous les yeux les hauts fourneaux de M Cockerill.
Un bruit farouche et violent sort de ce chaos de travailleurs. J’ai eu la curiosité de mettre pied à terre et de m’approcher d’un de ces antres. Là, j’ai admiré véritablement l’industrie. C’est un beau et prodigieux spectacle, qui, la nuit, semble emprunter à la tristesse solennelle de l’heure quelque chose de surnaturel. Les roues, les scies, les chaudières, les laminoirs, les cylindres, les balanciers, tous ces monstres de cuivre, de tôle et d’airain que nous nommons des machines et que la vapeur fait vivre d’une vie effrayante et terrible, mugissent, sifflent, grincent, râlent, reniflent, aboient, glapissent, déchirent le bronze, tordent le fer, mâchent le granit, et, par moments, au milieu des ouvriers noirs et enfumés qui les harcèlent, hurlent avec douleur dans l’atmosphère ardente de l’usine, comme des hydres et des dragons tourmentés par des démons dans un enfer.”

Le Rhin, lettres à un ami, Lettre VII, Victor Hugo

 

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