Archive pour 'citadelle'Catégorie

donation des Vieux-Joncs de Liège à l’Ordre teutonique

18 novembre 2007

Lettres de Hugues, évêque de Liège, constatant la donation faite
à l’Ordre teutonique du lieu dit de Vieux-Joncs, avec toutes
les terres circonvoisines, par Mathilde, abbesse de Bilsen,
et son chapitre, conjointement avec le comte de Looz.

Tour Des Vieux Joncs à Liège1220. Hugues, par la miséricorde divine évêque de Liège. À tous fidèles Chrétiens, tant présens qu’à venir. Scavoir faisons que Mechtilde, abbesse de Belize, avec son chapitre, et conjointement Arnould, comte de Looz, ont donné la chappelle dite aux Joncs, avec ses appendices et appartenances à perpétuité à l’hôpital de la maison des Chevaliers teutoniques, es quartiers d’Outre-Mer, et ce en subside d’iceux qui mènent la guerre pour l’honneur de Dieu, et ont soin pour les infirmes et malades; étant requis, comme de raison, d’y donner notre consentement, avons volontiers et de bon cœur, afin que cette donation soit ferme et stable, et à toujours perdurable, à cecy condescendu, et signé cet écrit tiré de l’original de la donation prédite, et scellé de notre sceau ; tenant pour bonne et valide la donation que ladite abbesse et comte en ont faite.

Témoins les souscrits : sire Sigisfride, archevesque de Mayence, sire Engelbert, archevesque de Cologne, sire Théodore, archevesque de Trêves, sire Conrard, évesque de Metz et chancelier de la Cour impériale, sire Ekkelberg, évesque de Lemberg, Henri, duc de Brabant, Louis, comte palatin du Rhin, duc de Bavière, Louis, landt- grave de Thuringe, Gérard, comte d’Ara, Henri, comte de Seine.

Notice historique sur l’ancienne grande Commanderie des Chevaliers de l’ordre teutonique, dite Vieux-Joncs, M J Wolters, 1849

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Panorama de Liège depuis le pied de la citadelle, par Alexandre Dumas

13 novembre 2007

Ainsi, de ce point situé au pied de la citadelle, j’avais, à mon extrême gauche, Herstal, le berceau des rois de la seconde race, où naquit Pépin le Gros, père de Charles Martel et grand-père de Pépin le Bref, et à mon extrême droite, le château de Ranigule, d’où Godefroy de Bouillon partit pour la Terre-Sainte.

Puis, encadrés entre ces deux grands souvenirs, toujours en allant de gauche à droite, du nord à l’ouest au delà de l’Ourthe, le point d’où Boufflers bombarda la ville en 1691 : puis, de ce côté de la Meuse, presqu’à mes pieds, au bout de la rue Hors-Château, l’église de Saint-Barthélémy, la plus vieille de Liège ; puis en reportant mes yeux sur l’Ourthe, le pont d’Amercœur, où le duc de Bourgogne fit jeter les bourgeois révoltés, et qui a gardé de ce triste fait son nom douloureux.

Au delà de ce pont, le faubourg d’où Dumouriez,en 92, délogea les impériaux, et que ceux-ci brûlèrent en se retirant, et qui, rebâti par le premier consul, conserva quelque temps le nom de faubourg Bonaparte, puis reprit celui de faubourg d’Amercœur, la vieille catastrophe ayant laissé plus de souvenir que le bienfait récent : puis sur le quai, au-dessous de l’église Saint-Barthélémy, la maison du seigneur Curtius, avec ses trois cent soixante-cinq fenêtres, son œsopée complète, et sa tradition diabolique.

Le palais de justice, autrefois le palais du prince évêque, avec sa belle cour entourée de colonnes du XIVe siècle, et son portail de Guillaume de Lamark, le fameux Sanglier des Ardennes, sculpté sur le quatrième pilier à droite, en entrant par la place Saint-Lambert. Puis, en plongeant au delà de l’Université, entre le séminaire et le faubourg d’Avroy-Saint-Jacques, la merveille de Liège, avec son architecture à la fois gothique et arabe, Saint-Paul, devenue cathédrale depuis 1793, époque à laquelle elle a succédé à Saint-Lambert, l’ancienne métropole, qui tomba comme tombaient les reines en ce temps-là, abattue par le peuple.

Saint-Jean et sa tour byzantine, la maison de Warfusée, de sanglante mémoire, dont il ne reste, derrière la Meuse, que la poterne par laquelle entrèrent les Espagnols. Sur la même ligne et au delà du faubourg Saint-Gilles, les bénédictins de Saint-Laurent, qu’il ne faut pas confondre avec ceux de Saint-Maur, les derniers, fameux par leurs chroniques
historiques, et les premiers par leur chronique scandaleuse.

Puis l’église Saint-Martin ; la première où, sur la prière d’une religieuse nommée sœur Julienne, qui avait rêvé voir la lune partagée en deux, le pape permit l’institution de la Fête-Dieu, qui se répandit sur tout le monde chrétien, et qui ne s’est encore retirée que de France. Enfin, la maison de campagne où l’évêque Henry de Gueldre se vantait d’avoir fait vingt-neuf bâtards en une année, et qui de cette prouesse monacale a conservé le nom de bâtarderie.

Impressions de voyage, Alexandre Dumas, 1851

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Fête du 1er mai à la Citadelle de Liège

1 mai 2007

“A Liége, le 1er mai, était autrefois un jour de réjouissance générale attendu avec impatience par les habitants de la ville et surtout par ceux de la citadelle. Dès l’aurore, la fête du jour était annoncée par le roulement du tambour et par les fanfares joyeuses des clairons. A quatre heures et demie, la garnison était sous les armes ; les officiers et les soldats apparaissaient en tenue d’été consistant en guêtres de toile blanche, culottes et gilets de coutil blanc, l’habit de toutes saisons en drap bleu, avec bavaroise et parements rouges, chapeau à cornes, bordé de galons blancs. Les grands exercices commençaient au son de la musique militaire, composée d’excellents exécutants, et le pont-levis de la porte
d’entrée étant baissé, une partie de la population de Liége et des environs envahissait la citadelle, pour se répandre dans les promenades et les remparts. Ce qui attirait surtout la foule, c’était le jardin magnifique dit « du commandant, » ouvert au public pendant six semaines (1).

Puis tout le monde se portait au quartier de Sainte-Balbine (2). Une foule de pèlerins se pressait pour entrer dans la chapelle, d’autres renonçant à y trouver place se mettaient à genoux en dehors. Après les dévotions, le plus grand nombre prenait ses ébats dans les cabarets ou sous les tentes, qui, dressées à la file les unes des autres, présentaient l’image d’un camp et servaient de cantines où l’on faisait frire des saucisses ou des œufs, et où l’on vendait de la bière.

Depuis l’arceau de Pierreuse jusqu’à la porte de Sainte-Walburge on passait au milieu de rues étroites et non interrompues, formées par des tables chargées d’objets de fantaisie et par des étalages de marchandes de petits pains, criant à tue tête : « haie! mes bais pùsans tortais! » Avec ces cris se confondaient ceux de : « haie! Babilone’. »
A côté, dans la prairie, se trouvaient tous les genres d’amusements : les marionnettes, les optiques, les jeux de bagues, les chanteurs ambulants, les charlatans, etc., partout on voyait des groupes assis à l’ombre des ormes mangeant les provisions apportées ou achetées sur la place. Le pot de bière allait à la ronde et faisait éclater sur son passage le rire et les bons mots dont l’idiome liégeois est si bien pourvu. En plusieurs endroits étaient établies des danses en plein air, où jeunes et vieux sautaient au son de la clarinette et du violon jusqu’à la nuit close.”

Liège, chapelle Ste-Balbine, carte du XVIII, Citadelle
“(1) Le jardin « du commandant » passait dans ce temps-là pour être un des plus beaux de l’Europe. Commencé sous Jean-Théodore, c’était à Velbruck qu’il devait sa richesse et ses principaux embellissements. Ce prince, ami des arts et des sciences, n’avait rien négligé pour se procurer les plantes les plus rares des quatre parties du monde et cultivait même le caféyer dans ses serres de Seraing dont il aimait à faire servir le produit lors de ses grands repas de cour.

(2) La chapelle de Sainte-Balbine, à Liége, jouissait déjà vers le milieu du quatorziême siècle d’une grande célébrité. Elle était située entre la fausse-porte de Pierreuse et celle de Sainte-Walburge et entourée de tilleuls et d’ormes qui prêtaient leur ombrage aux nombreux visiteurs, et cette fréquentation donna naissance à un joli quartier qu’on a abattu en 1816.”

Calendrier belge, fêtes, usages, croyances et pratiques populaires, Otto Reinsberg-Düringsfeld, 1861

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