Archive pour août, 2007

La réparation du Palais de Liège par les Hutois (XIIè siècle)

31 août 2007

Otbert, cet évêque qui montra tant de fidélité et d’attachement à l’empereur Henri IV, et qui ne craignit pas d’accueillir généreusement dans ses États son ancien bienfaiteur, excommunié par le souverain pontife Pascal II, Otbert, dit Mélart, se voyant tout débiffé par maladies, chargé de chagrins et de mauvaises humeurs, enfin estrangement détraqué de santé, avisa de faire quelques petites excursions pour récréer ses esprits. A cet effet, il se mit dans une barque traînée par deux chevaux et vint à Huy par la Meuse. Quand il aborda au rivage, ” septante-trois jeunes gens follastres, desbauchez et pleins de dissolutions bacchanals , la plupart notoniers et porteurs au sac,
les uns disent pensans lui faire la récréation, les autres, pour se faire plaisir, amenèrent trente chevaux qu’ils attelèrent et attachèrent à la corde de la dite barque, laquelle ils firent traîner parmi la ville jusques à la fontaine du marché, en la cuve de laquelle ils abreuvèrent leurs dits chevaux, tout le peuple y appleuvant et courant après; de quoy il fust extrêmement fasché et stomaqué, réputant et tenant cette action à une effronterie et inexpiable injure… (1) “.

L’évêque, courroucé, sortit à l’instant de Huy et revint à Liége. Les Hutois cherchèrent vainement à se faire pardonner leur outrecuidance, prétextant qu’ils avaient voulu réjouir leur prince, celui-ci demeura inflexible ; il châtia quelques-uns des plus coupables, fit grâce aux autres, “mais, pour leur faire payer la folle enchère de ceste insolence, il les condemna de traîner et tirer ceste nef, sans chevaux, à force de bras , et l’amener depuis la dite fontaine par le chemin de la Hesbain jusques au palais de Liége, lequel ils devoyent, en outre, refaire et réparer à leurs frais, es endroits plus nécessaires et où l’on le voyait plus deflait, gasté et descheu, ce qu’aucuns disent qu’ils firent à leur grande dérision et infamie, et pour exemple aux autres et suivans de ne se jouer des princes ny faire le compagnon avec eux, et que la nef fut enterrée et ensevelie dans les fondements d’une nouvelle muraille y dressée… (1).

(1) Mélart, Histoire de Huy


Liège Pittoresque, Matthieu Lambert Polain, 1842.


Autres billets sur les Princes-Evêques
Liège au 12ème siècle

Le plan de Liège - Guichardin

30 août 2007

leodium_braun_hohenberg_1574_ulg.jpg“Le plan de Liége est merveilleux, elle estant assise en une vallée très plaisante et icelle ceinte de côteaux et montaignes sur la Meuse, laquelle entre dedans avec deux rameaux et y fait plusieurs islettes habitées.”

Guichardin , Description de tous les Pays-Bas, etc., Anvers, 1582.

Toutes les cartes et plans de Liège sous:
http://del.icio.us/Liege/carte
http://del.icio.us/Liege/plan

Details de l’illustration


Description de Liège
Le 16 ème siècle à Liège

La Fonderie à Canons de Liège

26 août 2007


“On ne peut parler de la fabrique d’armes à Liège, sans mentionner en même temps la fonderie royale de canons, qui, par son ensemble, son importance, sa tenue intérieure, mérite d’occuper non-seulement le premier rang entre les divers établissements analogues de l’Europe, mais doit être encore recommandée à l’attention des industriels qui aiment à étudier les progrès des procédés et à en connaître les résultats.

La fonderie de canons existe à Liège depuis 1802; trois militaires se sont succédé jusqu’ici dans la direction de cet établissement, le capitaine Déranger, le général Huguenin et le major Frédérix. Tous trois semblent avoir pris à lâche de prouver qu’entre la science des armes et la science de l’industrie, la distance peut être facilement comblée, et que l’une sait alors prêter son appui à l’autre. Et en effet, l’administration de ces trois directeurs se rapporte à trois époques distinctes, à l’Empire, puis à la période hollandaise, enfin au régime actuel. Si nous envisageons la situation de l’établissement à chacune de cès trois époques, nous la trouvons marquée par l’adoption des procédés les plus avancés qui distinguent chacune d’elles.

A la direction du capitaine Béranger remontent l’emploi des premières machines à vapeur dans lesquelles le mouvement alternatif est transformé en celui de rotation, et l’établissement du premier chemin de fer que l’on ait vu dans le pays.

Avec la direction du général Huguenin commence le moulage des bouches à feu en fonte de fer avec une supériorité qui peut soutenir toutes les comparaisons de l’étranger, système que jusqu’alors la Suède seule avait osé adopter pour l’artillerie de campagne.

Enfin à la direction du major Frédérix se rattachent la confection des pièces de bronze, l’introduction de l’air chaud dans les diverses opérations sidérurgiques de la fonderie, plusieurs améliorations obtenues par la construction des fourneaux à réverbères et par l’emploi du coke provenant des escarbilles, dans la fusion et le moulage de la fonte.

Liège, la Fonderie Royale de CanonsL’établissement dans son aspect extérieur se compose au milieu d’une cour immense: d’un atelier de boulets, d’un atelier pour la fonderie des canons, d’un atelier de forgerons , d’un autre pour les tourneurs, d’un autre encore pour le sciage et le forage, enfin d’un atelier de menuiserie, et de plusieurs magasins pour le cuivre et autres objets de menu détail.

Dans l’intérieur des ateliers, on compte douze fourneaux à réverbère, douze bancs de forage, quinze feux de forges ; un maka et un four à chauffer les grosses pièces. Le mouvement est imprimé par trois machines à vapeur.

La fonderie de Liège est la seule en Europe qui réunisse la confection des pièces de fer et des pièces de bronze. Si elle ne possède pas comme quelques fonderies étrangères des hauts-fourneaux, c’est que l’expérience a démontré l’infériorité des bouches à feu obtenues de première fusion ; et du reste elle a plus de bancs de forage qu’aucune autre ; elle a autant de fourneaux à réverbère que la principale fonderie de France (celle de Ruelle près d’Angoulême) 5 elle en a plus que la principale fonderie d’Allemagne (celle de Sayn près de Coblentz).

La fonderie de canons de Liège occupe 127 ouvriers; elle pouvait produire l’un dans l’autre, en 1836, une pièce par jour ; elle en produit une et demie depuis 1837.

Depuis que l’on confectionne à Liège des bouches à feu en fonte, des expériences positives ont démontré que les minerais et les fontes belges, traités par des mains habiles , peuvent rivaliser avec les meilleures fontes de Suède et peut-être les surpasser. L’excellente qualité des pièces coulées à la fonderie royale de Liège ressort encore des concours ouverts à La Fère en France, en 1835 et 1836, entre l’artillerie belge et l’artillerie française.”

Extrait de: De l’industrie en Belgique: Causes de décadence et de prospérité, par N. Briavannoine, 1839.

L’industrie à Liège
Sciences et techniques à Liège
Liège au 19ème siècle

Liège par Vera Feyder

25 août 2007

“Fluviale et épiscopale, la ville basse a toujours offert à la haute l’éventail bleuté de son panorama mosan que les brumes et fumées n’ont jamais réussi à noyer sans qu’émergent, par tous les temps, les flèches, les tours, les clochers de ce qui fit de Liège, à l’orée du premier millénaire, un des hauts lieux du clergé européen.

Que les siècles et leur marche sanglante en aient rayé beaucoup de la carte n’empêche pas leurs restes, ce qui fut rebâti d’un saccage à l’autre sur leurs ruines incendiées, d’en dire long encore sur la vocation exclusivement cléricale - et conjointement marchande - de la ville telle que saint Lambert la fonda au VIIè siècle, et telle que surtout l’évêque Notger - père noble et pacifique - l’établit en 980 dans sa toute-puissante souveraineté.

Dix siècles plus tard, la ville toujours reconnaissante le fêta pratiquement à tous les coins de rue, avant que bon nombre d’entre eux ne disparaissent dans la grande dépression urbaine qui, en retournant Liège de fond en comble, allait furieusement la défigurer, au point de la rendre méconnaissable.

Ainsi se réalisa cette prophétie “bombée” sur les murs de la ville en l’an de disgrâce 1980: “Millénaire de la misère marchande” qui, pour expéditive qu’elle fût, faisait assez justement le point sur la situation physique, économique et sociale d’une ville travaillant incompréhensiblement à sa perte.”

Liège, Vera Feyder, coll. “des villes”, aux éditions Champ Vallon, 128 pages.
http://www.champ-vallon.com/Pagescollections/Desvilles.html


Liège dans la littérature
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