A Liège, on imprime tout ce qu’il y a de bon.

14 mai 2008

“A Liège, où nous avions couché, je vis entrer chez moi, le matin, un bourgeois d’assez bonne mine, et qui me dit :
« Monsieur, j’ai appris hier au soir que vous étiez ici; je vous ai de grandes obligations, je viens vous en remercier. Mon nom est Bassompierre ; je suis imprimeur-libraire dans cette ville ; j’imprime vos ouvrages, dont j’ai un grand débit dans toute l’Allemagne. J’ai déjà fait quatre éditions copieuses de vos Contes moraux; je suis a la troisième édition de Bélisaire.
— Quoi! monsieur, lui dis-je en l’interrompant, vous me volez le fruit de mon travail, et vous venez vous en vanter à moi !
— Bon, reprit-il, vos privilèges ne s’étendent point jusqu’ici : Liège est un pays de franchise. Nous avons droit d’imprimer tout ce qu’il y a de bon; c’est-là notre commerce. Qu’on ne vous vole point en France, où vous êtes privilégié, vous serez encore assez riche. Faites-moi donc la grâce de venir déjeûner chez moi; vous verrez une des belles imprimeries de l’Europe, et vous serez content de la manière dont vos ouvrages y sont exécutés. »

Pour voir cette exécution, je me rendis chez Bassompierre. Le déjeûner qui m’y attendait était un ambigu de viandes froides et de poissons. Les Liégeois me firent fête. J’étais à table entre les deux demoiselles Bassompierre qui, en me versant du vin du Rhin, me disaient :
« Monsieur Marmontel, qu’allez-vous faire à Paris, où l’on vous persécute? Restez ici, logez chez mon papa; nous avons une belle chambre à vous donner. Nous aurons soin de vous ; vous composerez tout à votre aise, et ce que vous aurez écrit la veille sera imprimé le lendemain. »

Je fus presque tenté d’accepter la proposition. Bassompierre, pour me dédommager de ses larcins, me fit présent de la petite édition de Molière que vous lisez; elle me coûte dix mille écus. “

Œuvres complètes de Marmontel, Jean François Marmontel, tome II, Paris, 1818


Le commerce à Liège
Liège et les écrivains
Liège au 18ème siècle


Foires et marchés à Liège

8 mai 2008

“II se tient à Liège 3 foires par année : la première le 2e lundi de mai. la seconde le 2 novembre, l’une et l’autre de 8 jours; une troisième, destinée à la vente des laines indigènes, a lieu le 3e mardi de juillet, et dure 5 jours.
Il y a un marché aux grains, le lundi et jeudi de chaque semaine; il est régulièrement suivi et fréquenté par les cultivateurs et marchands, non seulement de la province, mais encore des provinces voisines.”


Dictionnaire géographique de la province de Liége, 1831


La procession solennelle du 27 avril et le surguet

27 avril 2008

“Le 27 avril , jour de la translation du corps de St.-Lambert de Maestricht à Liège, tous les habitants de la cité faisait cortège à la procession solennelle où l’on portail la châsse du Saint, un morceau de la vraie croix , quantité d’autres reliques et d’images saintes. Le clergé tout entier, revêtu de surplis et de dalmatiques, les accompagnait en chantant des hymnes sacrés.

La plus grande pompe était déployée à cette procession , qui avait été instituée par Erard de la Marck et, suivant Vlierden, dotée par lui de revenus annuels. D’un autre côté, nous trouvons dans Bartholet une charte de la cité du 13 février 1533 , ordonnant d’affecter à celte cérémonie la moitié des revenus du tonlieu du Pont des Arches.

La veille au soir, la population liègeoise donnait aux étrangers accourus en foule, le joyeux spectacle d’une revue militaire. La plupart des bourgeois, en habits de fête ou revêtus d’armes étincelantes, parcouraient toutes les rues de la cité. Cette revue s’appelait le Surguet (*)

(*) Primitivement, dit Vlierden, cette revue s’appelait le soir guet , parce qu’elle se faisait la nuit; ce mot, devenu par corruption le scharwait, continua d’être employé alors même que cette démonstration ne se fit plus que l’après-midi.


Organisation intérieure du Métier, Bulletin de la société Liégeoise de Littérature Wallonne, 5ème année, Liège, 1862


Le palais de justice de Liège, par Gérard de Nerval

21 avril 2008

“La cour du palais de justice de Liège est un vaste carré long, entouré de magnifiques galeries aux colonnes de granit sculptées; les voûtes et les murs sont en brique rouge, sur laquelle se détache la colonnade noire et polie, ce qui rappelle certains palais de Venise. Des boutiques et des étalages garnissent partout les galeries à l’intérieur, comme dans tous les palais de justice du monde. L’extérieur,
du côté de la place, ne répond pas à ces magnificences : c’est l’aspect d’un hôpital ou d’une caserne, et pourtant c’est le plus bel édifice de Liège. Il en est de même à peu près des églises, le dehors en est peu remarquable, et trois ou quatre d’entre elles offrent des intérieurs merveilleux. Je ne me hasarderai pas à les décrire après tant d’autres voyageurs, après Dumas surtout, qui traversa Liège il y a quelques années.”


Lorely, souvenirs d’Allemagne, Gérard de Nerval, 1852


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